21/12/2013 INTELLIGENCE ECO

Intelligence économique - IE en 2013 en France

Interview : IE levier pour les PME tunisiennes

Mohamed Jouneidi Abderrazak, expert certifié en Stratégie et Intelligence Economique, met en valeur le rôle crucial de la maîtrise de l’information à valeur ajoutée et de sa protection dans la démarche de l'entreprise pour atteindre ses objectifs .

Cette démarche est , à ses yeux , stratégique dans un environnement économique difficile qui place l’entreprise tunisienne devant l’obligation de rehausser sa vigilance pour maintenir ses atouts compétitifs et mettre en place de nouveaux projets basés sur un meilleur décryptage des leviers de croissance potentielle.

L'Interview

Qu’est ce que l’Intelligence Economique et quelles solutions est-elle censée apporter à l’entreprise tunisienne ?

L’Intelligence Economique ou la « Competitive Intelligence », qui à mon sens est un terme révélateur de la philosophie de cette discipline, n’est autre que la recherche et l’accès à des informations publiques, éthiques et légales, permettant de mieux comprendre les stratégies des concurrents et l’environnement des marchés. Son objectif est de transformer, à travers des outils d’analyses appropriés, ces informations en « intelligence».

Quel avenir pour l'intelligence économique en Tunisie ?

Le flux d'informations est énorme, les changements sont de plus en plus imprévisibles et les menaces pour l'entreprise accentuent leur gravité. Dans cette « jungle économique », l'entreprise ne sait pas à quel saint se vouer. L'intelligence économique, comme étant un processus de collecte, de traitement et d'analyse de l'information, permet de dissiper un peu le flou de la vie économique et doter l'entreprise d'une vision prospective qui permet d'anticiper les changements. Ce processus qui connait un franc succès dans les pays développés et dans certains pays similaires au notre, vient d'entamer sa genèse en Tunisie avec un léger retard par rapport aux autres. L'actualité économique en Tunisie et à l'échelle internationale imposent l'instauration d'une véritable culture de l'intelligence économique dans les entreprises et au sein des structures gouvernementales. Plusieurs initiatives sont déjà amorcées, ce qui laisse prévoir un avenir radieux pour l'intelligence économique en Tunisie.

Pourquoi mettre en œuvre une démarche d'intelligence économique ?

Plusieurs éléments expliquent la nécessité d'une démarche d'intelligence économique :
Le processus de la mondialisation accentue l'interdépendance entre les économies, surtout avec le développement des multinationales. La concurrence à l'échelle internationale est devenue plus dure et les marges bénéficiaires se sont rétrécies. La place de l'innovation est devenue très importante, pour avoir un avantage comparatif et gagner des parts de marchés. Cette mondialisation a été accélérée par le développement des nouvelles technologies de l'information, qui ont augmenté le flux informationnels et faciliter l'accès à l'information et ont aussi augmenté la vulnérabilité de l'entreprise.
C'est dans ce contexte que l'information, triée, traitée, analysée, et bien exploitée, est devenue un élément de compétitivité pour l'entreprise.

Qelle intelligence pour une meilleure gouvernance d’entreprise ?


 L’Association Tunisienne pour l’Intelligence Stratégique (ATIS) lance un appel à contribution dans la perspective de sa première conférence annuelle prévue les 7 et 8 septembre 2013 à Hammamet. Veille stratégique, protection de l’information, influence et contre-influence seront au menu de cette rencontre dont le but est de répondre à une question: quelle intelligence pour une meilleure gouvernance d’entreprise?



Dans un contexte de crise multiforme, la recherche de la bonne gouvernance ne cesse de revêtir une portée bien singulière. Entendue comme l’ensemble des règles qui guident et limitent la conduite de ceux qui agissent au nom de l’entreprise, voire comme le management du management de l’entreprise, les constats sur la gouvernance d’entreprise ont cristallisé les défaillances des conceptions jusque-là admises qui ne cessent de produire plus de scandales, de crises, des cas de sottise et qui illustrent notamment les limites des mécanismes de contrôle qui n’ont qu’un seul mot d’ordre, la transparence.

«L’intelligence économique ne doit pas faire peur»


97% des informations qui peuvent servir à la veille stratégique d’une entreprise sont disponibles grâce à une plus grande facilité à l’information, développement rapide et continu des technologies oblige. Les 3% restants relèvent, pour leur part, non pas de l’intelligence économique mais plutôt de l’espionnage économique. C’est ce qu’a indiqué Xavier Leonetti, chef d’escadron à la Direction générale de la gendarmerie française lors du congrès national du CJD Tunisie dont le thème a porté cette année sur l’«Intelligence économique, levier de développement et de performance des PME tunisiennes».

Quoiqu’il aurait fallu titrer «des PME» tout court car, quelle entreprise au monde n’a pas aujourd’hui besoin de collecter autant d’informations que possible, de les analyser et de s’en servir dans ses prises de décision et la mise en place de stratégies permettant le développement de ses activités au vu de ce qui se passe autour d’elle?

Le Réseau Tunisien d’Intelligence et de Veille Economique

Dans le cadre du projet de promotion des exportations tunisiennes initié en 2009 et financé par le gouvernement suisse, un  Réseau Tunisien d’Intelligence et de Veille Economique , avec l’appui du Centre du Commerce International est en cours de développement.

Le Réseau est :
• L’ensemble des institutions membres et des relations de collaboration établies entre elles et parmi leurs veilleurs, en vue de la réalisation des objectifs communs.• N’est pas conçu pour se substituer aux institutions membres, lesquelles continuent leurs activités d’information et de veille spécialisée selon leurs mandats.

7 guides pratiques en Intelligence économique

Le site NetPublic vient de publier un article qui propose une sélection de 7 Guides méthodologiques ou de gestion de projets en intelligence économique pour les entreprises et les organisations. 

Voici les liens de téléchargement de ces Guides  :

1- Guide une démarche d’intelligence économique dans mon entreprise : Guide établi par la Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi

« L’intelligence économique en Tunisie » au yeux de l'ATIE

Fethi Ben Mimoun, membre fondateur et président de l’Association tunisienne d’intelligence économique (ATIE), a répondu aux questions de l’Economiste Maghrébin.

Comment pouvez-vous définir l’intelligence économique?
L’intelligence économique vise la maîtrise de l’information économique stratégique. Elle désigne un ensemble coordonné d’actions de collecte, d’analyse, de valorisation, de diffusion et de protection d’informations utiles aux acteurs économiques, afin de renforcer leur compétitivité. Elle permet une gestion optimale de l’information stratégique.

Interview exclusive du président de L’Association Tunisienne d’Intelligence Economique (ATIE)


Veille.ma : Pourquoi avez-vous décidé de créer l’ATIE ?

Fethi Ben Mimoun (FBM) : Commençons d’abord par le verrou politique qui a sauté le 14 janvier 2001.Avant la révolution, faire une demande de création d’une association était une entreprise hasardeuse et relevait d’une véritable gageure. Cela équivalait à s’exposer à toute les enquêtes. La chute de la dictature a permis à toutes les énergies de se libérer. Notre démarche a donc profité de cet extraordinaire sensation de liberté conquise que les tunisiens savourent en réalité pour la première fois depuis l’indépendance du pays en 1956. L’initiative de créer une association dédiée à l’intelligence économique - l’Association tunisienne d’Intelligence Economique (ATIE) -est née du constat du retard accusé par notre pays dans la prise en charge de la démarche de l’intelligence économique. Celle ci est en effet loin de constituer, au niveau de la sphère gouvernementale, une véritable politique publique volontariste et réfléchie. Au niveau des entreprises, elle est loin d’être reconnue comme étant une dimension stratégique du management. Elle est pratiquée d’une façon spontanée et instinctive par des manager qui se fient à leur flair et à leur expérience, sans qu’elle soit prise en charge et formalisée au niveau organisationnel et humain.