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Le cycle de l’Intelligence Economique (IE)

1- Identifier les besoins en information
Il s’agit de définir avec précision ses besoins en information. De quels types d’information ai-je besoin? Pourquoi? Quelle est l’origine de cette demande? Que prévois-je faire une fois en possession de ces informations? La définition des besoins va conduire à une définition d’axes stratégiques de veille sur lesquels le dispositif va se focaliser. En effet, pour une veille efficace, on ne peut pas tout surveiller, il faut se baser sur les objectifs stratégiques du pays, de l’administration publique (Ministère, Chambre de commerce...) ou de l’entreprise qui formule la demande.
 

Veille, IE, IT & KM : Apports et différences


"La compétence est individuelle, l'intelligence est collective." 
La démarche d'intelligence économique est par nature un processus transverse, et met en réseau les hommes autour d'un besoin d'information, qui va éclairer la décision. Veille, Intelligence économique et Knowledge Management sont trois ensembles imbriqués : le plus petit ensemble peut être la veille : c'est à dire le processus de collecte et d'analyse de l'information, l'Intelligence Economique englobe la veille, la réflexion stratégique, la communication de l'information (offensive - défensive, orientée - neutre) et sa protection. le KM, dernier ensemble, qui capitalise les expériences et étalonne les pratiques informationnelles, organisationnelles, productiques, ..il est la synthèse de ce qu'une entité ou une structure organisationnelle peut gérer en matière d'information ou de savoirs sur son environnement proche ou éloigné.

Knowledge Management


La gestion de la connaissance comporte plusieurs aspects ; la gestion d'une base de connaissance de type encyclopédique, la gestion d'une base de connaissance de type " métier" et le plus délicat à construire et à rendre efficient pour le développement de la connaissance dans les structures organisationnelles, une base de connaissance de vie ou d'expériences au quotidien composée d'élements jugés inintelligibles au moment de leur leur formalisation sous forme d'information mais qui peuvent par rapprochement construire une base puissante de savoir.

 Le knowledge management est la manière de gérer à la fois les flux d'informations générés par une organisation (information sur l'environnement, l'information interne), la capitalisation des savoirs et des savoir-faire par la modélisation des processus qui fondent l'organisation.
 Le knowledge management suppose la plupart du temps l'appui d'outils informatiques
 Le knowlegde management suppose également l'adhésion des ressources humaines qui composent la connaissance de l'organisation étudiée, il peu et doit s'exprimer sous la forme d'une coopération entre les individus de cette même organisation à l'aide d'outils de travail collaboratif par exemple.

 Les outils du knowledge management pourront donc être des outils de type portail d'entreprise, des outils de "groupware" comme les outils de travail collaboratifs , de messagerie instantanée de réunions en ligne ou des Intranets, des outils de "workflow" comme les outils de gestion de projets, Des outils d'analyse des données de type Datawarehouse ou Datawebhouse qui permettent de tirer parti de la connaissance client.

 Nous oserions dire, alors que l'intelligence économique s'interesse à la manière d'organiser les plans de recherche et de communication des informations stratégiques sur l'environnement des organisations ou des entreprises en particulier. Le knowledge management va au delà de ce type d'information et ajoute la couche "interne" sur les processus générant la compétence et le savoir humain que l'organisation représente. 

Le knowledge management va également au-delà du simple système d'information de l'entreprise, qui n'est que le support matériel de l'organisation de la connaissance au sein de l'organisation.

Pour finir, je tiens à préciser que, si par des techniques collaboratives, créatives,... intelligentes, il arrive parfois que l'on puisse améliorer la gestion de la connaissance ou le "knowledge management" au sein d'une organisation, il est plus rare que l'on puisse "stocker" ou conserver la connaissance ou le savoir-faire au sein d'un système d'information. Comme disait le DSI d'une grande entreprise du domaine de l'informatique :

"nous sommes doté du plus efficace système d'information qui ait été mis au point à ce jour et nous savons qu'il concentre la quasi totalité de la connaissance collective de l'entreprise, le seul problème s'est que nous perdons 80% de cette connaissance pendant le week-end !".

Autrement dit, même si à ce jour les tecdhniques, en particulier Multimédia, permettent d'aider à la gestion de la connaissance y compris immatérielle, mais dès lors qu'elle est stockée dans un Systeme Informatique, il ne reste que 20% de cette connaissance surtout si elle est basée sur des processus immateriels.

Corrolaire : On compare souvent les niveaux d'investissements des entreprises ou des Pays en Technologies de l'Information et de la Communication pour les releré à l'évolution de la productivité et de l'efficacité en oubliant qu'elles ne gèrent en fait que 80% de l'intelligence et des processus "intelligents" ou immateriels des organisations.

A niveau égal d'investissement en "Technologies de l'Information", deux organisations vont pouvoir avoir des performances complètement différentes : la clé de cette différence ; leur niveau d'utilisation de ces TIC bien sûr, mais également et surtout la manière de gérer la ressource humaine qui vont apporter cette connaissance.

Veille Stratégique : les règles d'Or

Ce que la veille stratégique est et ce qu'elle n'est pas :

 La veille stratégique fournit des informations analysées et qui permettent de prendre des décisions ayant une portée stratégique, elle n' a rien à voir avec l'espionnage industriel qui est illégal

 La veille stratégique permet d'alerter les directions stratégiques des entreprises par la diffusion d'alertes sur des dangers ou des opportunités de courts terme., ce n'est pas une boule de cristal, elle ne prédit pas l'avenir, elle donne uniquement des approximations de l'environnement actuel de l'entreprise ou de son futur proche.

Formes de l'intelligence économique

L’intelligence économique a donné naissance à une déclinaison particulière qui est l’intelligence économique territoriale. Cette dernière, telle qu’elle fut conçue par le Préfet Rémy Pautrat 3, permet d’organiser en un système faisant sens, en une stratégique cohérente au service de la croissance et de l’emploi, les actions variées d’aménagement du territoire, de politique industrielle et de développement économique en général qui sont menées à l’échelon central et local avec un déficit de coordination.

Par conséquent, on peut définir l’intelligence territoriale comme la valorisation, la coordination et la protection des atouts économiques et savoir-faire industriels et technologiques des territoires et de leur tissu de PME-PMI, afin de les transformer en avantages comparés décisifs dans la compétition commerciale européenne et mondiale.

De quoi est constituée concrètement l’intelligence territoriale ? Elle se compose en fait de quatre types d’actions s’agrégeant en un dispositif unifié et coordonné.

1-    La première est l’intelligence économique territoriale (IET), élaboration de stratégies concertées de développement économique et technologique pour les territoires, en s’appuyant sur les pôles de compétitivité qui sont l’exemple emblématique de ces schémas de développement stratégiques des régions. Ils reposent sur le repérage des spécialités locales, des savoir-faire et des filières d’excellence locale et leur mise en valeur via des réseaux organisés de travail et d’échanges d’informations. Il s’agit en somme de créer une dynamique régionale de coopération, en favorisant le regroupement des services de l’État et des collectivités territoriales, des entreprises (notamment les PME-PMI), des universités et des centres de recherche autour de projets stratégiques communs.

2-    La deuxième consiste en la définition et la préservation d’un périmètre économique stratégique, c’est-à-dire d’un ensemble d’entreprises œuvrant dans le domaine des technologies sensibles et qu’il convient de protéger pour des raisons d’intérêt national ou européen et de conquête de positions privilégiées sur les marchés hautement rentables des hautes technologies duales (i.e. concernant les domaines militaire et civil).

3-    La troisième est la constitution de réseaux d’experts et de décideurs, inter-entreprises et inter-administrations, mais aussi entre l’État, les entreprises, les universités et les différents acteurs du développement économique et social local.

4-    La quatrième est la sensibilisation et la formation à l’intelligence économique, car cette dernière est indispensable à la construction de la compétitivité durable des entreprises françaises.

En effet, la scène internationale et la vie des nations doivent aujourd’hui s’interpréter à l’aide d’une nouvelle grille de lecture. Nous sommes entrés dans l’économie de la connaissance, corollaire de la mondialisation des échanges et des idées. L’un des éléments essentiels du capital stratégique qui déterminent aujourd’hui la prospérité des sociétés, la compétitivité des entreprises et donc l’évolution de l’emploi, est l’information. Savoir la chercher, la traiter et la diffuser (tout en protégeant la part de données sensibles qui doivent être protégées) constitue l’une des tâches prioritaires de tous les acteurs économiques et la définition même de l’intelligence économique.

Ils ont dit...de l’intelligence économique

« L’intelligence économique peut être définie comme l’ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l’information utile aux acteurs économiques. Ces diverses actions sont menées légalement avec toutes les garanties de protection nécessaires à la préservation du patrimoine de l’entreprise, dans les meilleures conditions de délais et de coûts. L’information utile est celle dont ont besoin les différents niveaux de décision de l’entreprise ou de la collectivité, pour élaborer et mettre en œuvre de façon cohérente la stratégie et les tactiques nécessaires à l’atteinte des objectifs définis par l’entreprise dans le but d’améliorer sa position dans son environnement concurrentiel. Ces actions, au sein de l’entreprise, s’ordonnent autour d’un cycle ininterrompu, générateur d’une vision partagée des objectifs de l’entreprise. » - Le rapport MARTRE

L’Intelligence économique : un concept d’actualité

Il existe plusieurs définitions de l’Intelligence économique, cette notion ayant fait l’objet de divers débats conceptuels. Les britanniques parlent de « business intelligence », renseignement des affaires, et les américains de « competitive intelligence », renseignement concurrentiel.

La première définition apparaît en 1967 dans un ouvrage de Harold Wilensky. Il y définit « l’intelligence économique comme l’activité de production de connaissances servant les buts économiques et stratégiques d’une organisation, recueillie et produite dans un contexte légal et à partir de sources ouvertes ». Cette définition permet de distinguer l’intelligence économique de l’espionnage économique car elle se développe ouvertement et utilise principalement des moyens légaux.

Pourquoi des Etats-Généraux de l’intelligence économique ?


L’intelligence économique a une vingtaine d’années d’existence. Cette démarche est encore jeune mais il nous a semblé utile de faire un bilan d’étape par l’organisation d’Etats généraux de l’IE. Cet évènement est d’autant plus légitime que se profilent à l’horizon des interrogations logiques sur l’évolution du concept (le passage d’une posture défensive à une posture offensive, la problématique de l’influence, la montée en puissance des opérations d’information, la professionnalisation des métiers de l’information).
L’évolution rapide du contexte international annonce des périodes difficiles. Il suffit de rappeler à ce propos quelques signaux forts :

Les langues fourchues de l’intelligence économique

Il faut de tout pour faire un monde. Frédéric Lepage, illustre plume de la liste veille, s’est-il  « pacsé » intellectuellement avec Franck Bullinge ? On pourrait le déduire du son de cloche commun qui découle de leur interprétation de l’affaire Renault. Ces deux personnages qui n’en font peut-être qu’un dans leur approche du monde n’existent que par leurs propos moralisateurs sur les écrits des uns et des autres. Mais en dehors du périmètre de leur crachoir virtuel, que veulent-ils nous faire comprendre ? Qu’il n’y a pas d’affaire Renault ? Rappelons pour principe à nos deux compères que la source de cette affaire n’est toujours pas connue et donc que personne (à part eux) ne sait pour l’instant ce qui a déclenché l’affaire Renault et pourquoi ? Certains journalistes ont réussi à cerner la raison qui a incité Renault à rendre l’affaire publique. Un employé de Renault connaît un journaliste de l’AFP et lui rapporte ce qui se passe en interne à savoir une enquête menée à l’encontre de salariés suspectés d’espionnage industriel. Le journaliste de l’AFP s’étonne de ne pas avoir d’éléments sur le sujet et entre contact officiellement avec les représentants de l’entreprise Renault. Les questions qu’il pose sont suffisamment précises pour inciter la direction de Renault à briser la loi du silence (pratique courante des entreprises lorsqu’elles sont confrontées à ce genre d’affaire).

L’intelligence économique au Sénégal

L’antenne du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques, dirigée par Babacar Diallo, a organisé le jeudi 27 novembre à Dakar un séminaire sur l’intelligence économique. Cette manifestation est la première du genre en Afrique subsaharienne. Quelques tentatives d’ordre privé avaient été initiées ces dernières années notamment à partir de Paris sans aboutir à des résultats significatifs car il manquait l’implication d’un pays africain au plus haut niveau de l’Etat. Le Sénégal est donc le premier pays d’Afrique à avoir décidé d’entreprendre une réflexion sur sa sécurité économique et sur le développement de certaines activités économiques par le management de l’information. Les incidents avec les pêcheurs sud-coréens dans sa zone côtière, les risques liés à la crise financière et les attentes dans le domaine agricole ont sans doute été à la source de cette décision prise depuis quelques mois par le Président Abdoulaye Wade.

L’intelligence économique sur la sellette

Plusieurs affaires d’escroquerie à l’information auxquelles s’ajoutent les révélations faîtes dans l’ouvrage de l’ex-gendarme Patrick Baptendier ont amené les médias à se repencher sur les liaisons dangereuses entre le monde de l’intelligence économique et celui du renseignement privé. Cette confusion est logique compte tenu de la situation qui prévaut bien avant le rapport Martre. La première responsabilité de cette confusion incombe-t-elle à une partie des chefs d’entreprise qui appliquent une théorie de la valeur de l’information erronée mais tenace ? En effet, celle-ci repose sur le fait que la seule information utile est celle que nous cache le concurrent (état des inventions, bilan financier, portefeuille clientèle, liste des prospects commerciaux, évaluation de la propriété intellectuelle, cartographie des réseaux d’influence sur les marchés à conquérir). Cette trop forte focalisation sur le secret est justement le point de départ de la démarche d’intelligence économique. 

Le champs d'action de l'intelligence économique

Sur le plan opérationnel, l’intelligence économique comprend 3 types d'actions :
1- des actions de veille : acquérir l’information stratégique pertinente,
2- des actions de sécurité : ne pas laisser connaître ses secrets
3- des actions d’influence : propager une information ou des normes de comportement et d’interprétation qui favorisent sa stratégie).

Quelques définitions de l'intelligence économique


Voici quelques définitions reflétant les différentes tendances observables dans le domaine de l'intelligence économique:

    Le rapport Martre, œuvre collective du Commissariat du Plan intitulée Intelligence économique et stratégie des entreprises (La Documentation Française, Paris, 1994), donne la définition suivante : 
« L’intelligence économique peut être définie comme l'ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l'information utile aux acteurs économiques. Ces diverses actions sont menées légalement avec toutes les garanties de protection nécessaires à la préservation du patrimoine de l'entreprise, dans les meilleures conditions de qualité, de délais et de coûts. L’information utile est celle dont ont besoin les différents niveaux de décision de l’entreprise ou de la collectivité, pour élaborer et mettre en œuvre de façon cohérente la stratégie et les tactiques nécessaires à l’atteinte des objectifs définis par l’entreprise dans le but d'améliorer sa position dans son environnement concurrentiel. Ces actions, au sein de l'entreprise, s’ordonnent autour d’un cycle ininterrompu, générateur d’une vision partagée des objectifs de l'entreprise. »